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par Gérard Périnelle

(SEREB)

 

 

 

 

 

La décision

La décision de réaliser un lanceur de Satellite a été acquise fin 1961. Le premier marché fut passé à la SEREB au titre de l’exercice 1962 par le Département "Engins" de la Délégation Ministérielle pour l’Armement.

 

* Toutefois, les 3 premières notes techniques rédigées par MM. Bernard Dorleac, Charley Attali, Léonard De Peretti, Hubert Gossot relatives à un projet de lanceur datent de mai et juin 1960.

* Une présentation officielle, fin décembre 1960, s’appuyait sur le fait que les travaux engagés au titre du programme des "Etudes Balistiques de Base" pour le développement des programmes "SSBS et MSBS" permettraient la réalisation, au prix d’un supplément modique, d’un lanceur pour satellisation sur orbite basse d’une charge utile d’environ 50 kg.

Plusieurs versions étaient envisagées. La version retenue fut baptisée "Diamant".

 

Le protocole entre la DMA et le CNES

En mai 1962, un protocole fut signé entre le CNES, qui venait d’être créé le 10 février 1962 (Décret d’application), et la Direction Technique des Engins (DTEN) de la DMA concernant la réalisation, la mise au point et le lancement d’une fusée "Diamant-A", issue des programmes militaires.

Le CNES participait financièrement aux travaux à la hauteur de 54 millions de francs, soit 51 % du coût du programme spécifiquement "DIAMANT" et 10 % du coût total des Programmes balistiques de base.

Une Analyse financière faite par la SEREB en fin 1966 donnait un coût du programme "DIAMANT" d’un total de 106 millions de francs et pour le programme EBB de 540 millions de francs aux conditions économiques de 1961, ce qui représenterait aux conditions économiques 2004, une dépense totale de M€ 840 millions d’euros (5 510 millions de Francs).

 

Dans l’esprit de la SEREB, les 4 "Diamant A" étaient des véhicules de mise au point, mais le protocole prévoyait la possibilité si 2 tirs consécutifs étaient réussis d’utiliser les « Diamant » pour lancer des satellites réalisés sous maîtrise d’œuvre CNES.
En fait, après la réussite du 1er, les 3 autres satellisèrent des satellites développés par le CNES.

 

* Ecoutez le point de vue de Robert Aubinière (ancien Directeur Général du CNES) sur le sujet.

 

Le programme des "Pierres Précieuses"

 

La réalisation de Diamant bénéficia donc, en ce qui concerne les 1er et 2e étages du programme "Etudes Balistiques de Base" placé à la SEREB sous la direction de M. Laurent Joye.

Les véhicules d’essais VE 121 « Emeraude » et VE 231 « Saphir » permirent de qualifier le bon fonctionnement et les séquences de vol des 1er et 2e étages applicables à "Diamant".

Toutefois un système complémentaire de pilotage à base de microtuyères fonctionnant par éjection de fréon, fut ajouté sur la jupe arrière du 2e étage, pour permettre le basculement en tangage de l’ensemble 2e-3e étages satellite après la fin de propulsion du 2e étage, de façon à assurer la satellisation sur l’orbite choisie en lui donnant une direction parallèle à l’horizontale de l’apogée de la trajectoire balistique intermédiaire avant la mise en rotation, la séparation et l’allumage du 3e étage.

 

Le  VE210 “Rubis"

Il était nécessaire pour qualifier en vol les autres matériels et séquences de satellisation propres à "Diamant", de développer un véhicule expérimental spécifique.
Ce fut le VE210 « Rubis », engin bi étage tiré sur une rampe orientable et dérivé du VE110 « Agate », dont 6 tirs avec 4 réussis à 100 % et 2 demi-échecs testèrent les séquences de :

- Largage de la coiffe,

- Mise en rotation de l’ensemble 2e-3e étage – Satellite,

- Séparation 2e-3e étages,

- Allumage du 3e étage et son bon fonctionnement,

- Séparation et l'injection sur orbite du satellite et le bon fonctionnement de celui-ci.

 

Le développement de cette réalisation fut placé sous la direction de M. Attali, chef du Département DTA/DIAMANT de la SEREB.

 

 

Les préparations sur le Pas de Tir d’Hammaguir et les tirs dépendaient du Département des Essais (vol et sol) de la SEREB sous la direction de M. Michaud assisté de M. Mollard.

 

 

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La genèse du Projet